Disques endommagés, disques potentiellement défectueux et erreurs

Disques endommagés, disques potentiellement défectueux et erreurs un problème bien réel !

Cet article fait suite à l’écriture du tutoriel  sur ODC.

Introduction

Nous l’avons vu et constaté lors de nos recherches que la conservation des données était l’objet de vives inquiétudes de toutes les entités faisant de l’archivage. Ces organismes ont pu donc mener quelques études sur le comportement des supports employés pour la sauvegarde de leurs données. Malheureusement (pour nous) ces études portent toujours sur les supports dits enregistrables (DVD+/-R et BD-R). On trouve tout de même l’évocation des supports pressés dans la thèse d’un doctorant (Steeve Collin) dont nous parlons brièvement dans cet article: Étude du vieillissement des disques optiques, possiblement la meilleure ! On trouve également dans un document du LNE (Laboratoire National de Métrologie et d’Essais) des traces de tests de vieillissement accélérés (intenses soient-ils) qui ont été effectués sur des DVD pressés. Ainsi en page 14, il y est dit la chose suivante:

En conclusion, aucun des DVD 5 et DVD 10 de l’étude n’a résisté aux conditions climatiques de  90°C et 85% HR. En tenue dans le temps, ils sont globalement inférieurs aux DVD enregistrables. Ceci est particulièrement surprenant car les disques pressés ont la réputation de grande durée de vie.

On trouve également dans un autre document de 2011 du LNE, une petite trace de tests effectués en environnement sévère sur des BD25 pressés ; il est indiqué ce qui suit page 10:

Comportement très variable des disques Blu-Ray également. Les médiocres performances des disques pressés suscitent, pour le moins, des études plus poussées

Bien évidemment cette remarque est à prendre avec recul, car on parle bien d’environnement sévère: hautes T° et Humidité Relative importante.

 

Pourquoi cette crainte vis à vis des supports optiques enregistrables ?

Pour en revenir au supports enregistrables, on rappellera que le mode d’enregistrement sur ces disques est différent des disques pressés, puisque l’information est enregistrée par un laser venant modifier une couche de colorant organique (le DYE) couche sur laquelle l’information sera aussi plus ou moins bien inscrite (suivant le matériel). Ce qui rend fragile ces disques, c’est en partie cette couche  qui peut se détériorer plus ou moins rapidement avec le temps en fonction de divers paramètres  externes (exposition à la lumière, humidité, hygromètrie etc…).
Ainsi, avec le temps et en fonction d’autres facteurs: tels que les conditions de manipulation du support, apparaissent des erreurs que le matériel pourra corriger (suivant ses capacités) jusqu’à un certain seuil et ne pourra plus corrigé ce seuil dépassé: l’information est perdue.
Ces recherches nous ont conduits à la découverte de certains logiciels capables de quantifier ces erreurs sur ces supports enregistrables.

Alors:

Pourquoi ne pas appliquer ces tests sur la quantification des erreurs destinés de prime abord aux supports enregistrables aux supports pressés ?

Nous connaissons également par différentes recherches menées, les tolérances pour les principaux supports enregistrables (DVD-R et BD-R) ; tolérances qui font que le support sera considéré comme bon ou non.  Nous connaissons également les méthodes de quantification et de correction. Pourquoi ne pas appliquer à l’aide d’un outil ces simples tests à nos Blu-ray ?

 

OPTI DRIVE CONTROL

ODC permet de contrôler l’intégrité d’un disque en testant divers paramètres en effectuant certains tests. Notre tutoriel évoque les 2 plus intéressants (dans notre cas, celui des Blu-ray potentiellement défectueux):

  • Le test sur le taux de transfert
  • Le test sur qualité du disque (erreurs)

Alors pourquoi ne pas en faire un outil complémentaire à VSO Inspector ?

 

Les interrogations qui pourraient découler de ces tests basés sur les erreurs

La première question est assurément la même question qui clôture le tutoriel sur ODC:

1. un Blu-ray pressé qui se situerait au dessus  des valeurs (en terme d’erreurs) préconisées à la base pour un BD-R (enregistrable) par les professionnels de l’archivage en fait-il un Blu-ray problématique ? Faut-il s’en inquiéter ?

La deuxième

2. La fiabilité d’un test dépend-elle du  matériel de lecture ?

 

Assurément, OUI pour la première question, surtout si la surface de lecture est propre, nettoyée, intacte (dans le cas d’un DVD c’est pareil, si celui-ci est marqué on peut peut-être tenter de le rénover ce qui parait plus compliqué avec  Blu-ray car celui-ci est doté d’une couche de protection, extrêmement efficace).

Concernant la deuxième question la réponse est OUI, différentes littératures notamment ces études portant sur la fiabilité dans le temps des supports enregistrables, évoquent ce point.

 

Les erreurs sont transparentes tant qu’elles sont corrigeables  et corrigées !

Bibliographie non-exhaustive:

Open.edu: Reed-Solomon codes and error correction continued
The College of Information Sciences and Technology: Application of Reed-Solomon Codes on optical media storage
Gan Fuxi, Wang Yang (Google livres): Data Storage at the Nanoscale: Advances and Applications
cdrinfo.com: Blu-Ray Writing Quality Tests Vol 2
LNE, Laboratoire national de métrologie et d’essais: Durée de vie des DVD et DVD HLD
Blu-ray Disc Association: White paperBlu-ray Disc Format 3. File System Specifications for BD-RE, R, ROM, 2004
Blu-ray Disc Association: White Paper Blu-ray Disc™ Format 1.C Physical Format Specificationsfor BD-ROM 6th Edition October, 2010
Insitut Canadien de Conversation: Durabilité des CD, des DVD et des disques Blu-ray inscriptibles — Notes de l’Institut canadien de conservation (ICC) 19/1
LNE, Laboratoire national de métrologie et d’essais: À la rencontre du Blu-ray Disc (Jean-josé Wanègue)
LNE, Laboratoire national de métrologie et d’essais: Détection des erreurs en vue d’un modèle de vieillissement des disques optiques (Olivier ADAM, Jean-Marc FONTAINE et Jean-Dominique POLACK)
LNE, Laboratoire national de métrologie et d’essais:
L’enregistrement optique : comment ça fonctionne ? La puissance du graveur influe-t-elle sur le vieillissement ? Étude de cas (JM Fontaine)

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Bluraydefectueux (Xavier L.)

Passionné de cinéma, home-cinema, et amoureux du support physique de la belle image et du beau son, depuis de nombreuses années, C'est naturellement avec passion et conviction qu'il s'est lancé dans ce projet. Bluraydefectueux.com (BRDEF)

2 réflexions sur “Disques endommagés, disques potentiellement défectueux et erreurs

  • 2 novembre 2021 à 19 h 17 min
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    La température de 90°C est un paramètre servant à simuler le vieillissement d’un matériau ou d’un objet, car via la chaleur, on accélère le processus de décomposition des molécules (Cf un cadavre dans le froid versus dans le chaud).
    L’hygrométrie de 85% est un paramètre servant à simuler la pire condition de stockage théorique (milieu très humide similaire à une forêt tropicale). Si nous souhaitions vérifier l’objet en milieu marin (Exemple maison proche de la mer), nous ferions un test d’hygrométrie, mais que nous appellerions brouillard salin (Eau salé avec température). En effet, le sel est un élément bien plus nocif dans le temps et « quasi immédiat ».
    Toutefois, pas d’inquiétude pour 85% d’hygrométrie, car personne logiquement n’a ce pourcentage d’humidité chez lui ou du moins, conserverait intelligemment ces Blu Ray dans une telle pièce. A contrario, le paramètre de température est plus intéressant voir inquiétant (sans être dramatique), car là, nous pourrions nous poser des questions sur un Blu Ray/DvD qui serait utilisé régulièrement voir même ayant des rayures. Il est important de souligner également, qu’il est probable que ces tests ont été réalisés sur des produits sains (C’est-à-dire présentant aucune absence de rayures), car les tests sont effectués sur les prototypes avant production.
    Au demeurant, sans le rapport d’essai complet, difficile de savoir si un test de simulation de fonctionnement dans le temps a été effectué, en gros qu’on simulait la rotation du Blu Ray/DvD tout en mettant 90°C avec 85% Hr.
    Voilà, je souhaitais apporter un complément à cet article, car les tests en laboratoire ne parlent pas à tout le monde. Merci de m’avoir lu.

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  • 2 novembre 2021 à 19 h 24 min
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    Merci pour votre commentaire détaillé fort intéressant.

    Les laboratoires de test pensaient peut-être que ces supports (les études portent en très grande majorité sur les supports enregistrables) auraient du mieux tenir à ces conditions. On peut lire dans certaines études que les supports pressés seraient pires parfois.

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