Le ROT (pourrissement sur d’autres supports)

Le pourrissement ou (ROT en anglais) n’est pas cantonné qu’au blu-ray. Comme vous le savez très certainement ce phénomène est apparu avec les supports optiques, il concerne donc les CD, Laserdiscs, les DVD et les HD-DVD (Le concurrent « HD » au boitier rouge qui a perdu la bataille face au blu-ray…)

Voici des exemples: 

les premiers sont tirés de la collection de Laserdiscs de Xav83

 

LD artel
Sammy Davis Jr. – The golden Years

Observez cette bande noire qui fait le tour du disque sur 5cm « d’épaisseur)

 

LD Highlander
Laserdisc Higlander

LD Highlander

Observez les flèches rouge qui pointent vers des tâches (similaires à des tâches d’encre noire sur un buvard) là encore présentent sur le pourtour, et s’étendront probablement vers le centre avec le temps. C’est d’autant plus visible sur les laserdiscs « dorés ».

LD Highlander
Zoom sur le rot

Le phénomène est également visible sur les DVD. Cet exemple est tiré d’un titre présent en médiathèque. (Il faut dire que les titres sont mis à rude à épreuve, même si ce n’est pas la cause principale).

 

DVD Rot
DVD « Le Dernier Tango à Paris »

On voit parfaitement qu’une tâche blanche s’est formée sur une partie du disque (toujours depuis l’extérieur)

DVD Rot
DVD « Le dernier Tango à Paris »
DVD "Le Dernier Tango à Pris"
DVD « Le Dernier Tango à Paris »

Pour le moment nous n’avons pas d’exemple d’HD-DVD ni même de CD à vous montrer, cependant voici un article de 2004 publié par NBCNEWS.COM, intitulé « When Optical Discs go bad »

Nous vous l’avons traduit :

Quand les disques optiques vont mal
Les CD et DVD se dégradent, surtout s’ils ne sont pas manipulés correctement.
Dan Koster, après un déménagement, déballait plus de 2000 CD quand il s’est aperçu de quelque chose d’étrange.
Certains disques, auxquels il avait prêté le plus grand soin, ne fonctionnaient plus correctement.
Koster, qui est concepteur WEB  et graphique pour l’université Queens de Charlotte (Caroline du Nord), a pris un disque qui « sautait » de manière inquiétante et l’a placé face à la lumière.
« J’ai été choqué de voir une constellation de trous d’épingle, des petits points dans la couche d’aluminium par lesquels la lumière passait »  nous dit Koster.
Sa collection souffrait du « CD ROT », une détérioration graduelle de la couche accueillant les données. On ne connaît pas avec certitude le niveau de dégradation, mais c’est une des nombreuses raisons pour lesquelles les disques optiques, ainsi que les DVD, ne sont peut-être pas aussi résistants dans le temps qu’on le pensait au départ.
« On nous a rabâché que le CD était quasiment indestructible lors de son introduction dans le milieu des années 80 » dit Koster.
« Les fabricants utilisaient en partie cet argument pour justifier le prix élevé des CD également ».
 Il a vérifié sa collection et a constaté que de 15 à 20% de disques-la plupart fabriqués dans les années 80- étaient « rottés » (pourris) de la même façon.
Le pourrissement peut être causé par une fabrication de mauvaise qualité, selon Jerry Hartke à la tête de Media Sciences Inc., situé à Marlborough (dans le Massachussetts), un laboratoire qui teste les CD. La couche d’aluminium qui renvoi le faisceau laser  du lecteur est séparée de la couche sérigraphiée du disque par une fine couche de laque. Si le fabricant applique mal la laque, l’air peut pénétrer et oxyder l’aluminium, le dévorant comme le fer rouille à l’air.
Mais selon Hartke, il est plus fréquent que les disques deviennent illisibles du fait d’une mauvaise manipulation du propriétaire.
« Si les gens rudoient les disques, ou les empilent, ou font que ces disques  soient en contact les uns avec les autres, cette couche protectrice fragile peut être abîmée, permettant à l’atmosphère d’interagir avec la couche l’aluminium »  nous dit-il.
LA FACE SERIGRAPHIEE EST PLUS DELICATE QUE LA FACE DE LECTURE
Une partie du problème est que la plupart des gens croient que c’est la face de lecture du CD qui est la plus fragile, alors qu’en réalité c’est le côté sérigraphié.
Des rayures sur la face de lecture doivent être profondes pour créer des sauts en cours d’utilisation, alors que les rayures sur la face sérigraphiée peuvent atteindre la couche d’aluminium. Même la pression causée par un stylo sur la face sérigraphiée peut entailler l’aluminium, rendant le CD illisible.
Koster a pris soin de copier ses CD sur son ordinateur pour préserver la durée de vie des enregistrements.
Malheureusement, il est difficile de savoir pendant combien de temps ces CD EN enregistrables perdureront dans le temps.
Fred Byers, un spécialiste des technologies de l’information, au NIST, a examiné les CD enregistrables sur demande des agences gouvernementales, incluant la librairie du Congrès, qui ont besoin de savoir combien de temps leurs disques vont durer.
Les fabricants annoncent une durée de vie allant jusqu’à 100ans, mais sans tests normalisés, il est très difficile d’évaluer leurs propos, dit Byers.La pire chose est que les fabricants changent fréquemment de matériaux et de méthodes de fabrication sans avertir les consommateurs.
« Quand vous allez dans un magasin et achetez un DVD-R, et c’est valable aussi pour les CD-R, vous ne savez pas vraiment  ce que vous avez », dit-il.« Si vous achetez une marque particulière de disques, et achetez la même marque 6 mois après, le support peut être très différent ».
C’est pourquoi le conseil, souvent donné, d’acheter une grande marque de disques pour un maximum de longévité est discutable, dit-il.
Les DVD sont un peu plus résistants que les CD, dans le sens où la couche de données (ou coucheS, certains disques en ont deux) est prise   en sandwich dans le milieu du disque entre deux couches de plastique. Mais cette structure cause des problèmes qui lui sont propres, notamment dans les premiers DVD. La colle qui maintien les couches ensemble peut perdre son pouvoir collant, rendant le disque illisible au moins en partie.
Les utilisateurs qui plient/courbent un DVD pour le retirer d’un boîtier sont pratiquement confrontés à ce problème, parce que la flexion du disque met de la pression sur la colle.
Les CD et DVD  ré-enregistrables, contrairement aux disques enregistrables, ne doivent pas êtres utilisés pour du stockage à long terme, car ils sont faits d’une couche sensible à la chaleur qui se dégrade plus rapidement que la couche métallique des autres disques.
Pour une longévité maximum, les disques doivent être rangés verticalement et manipulés uniquement par les bords.
Ne collez pas d’étiquettes autocollantes dessus, et dans le cas des CD inscriptibles une fois, n’écrivez avec rien d’autres que des marqueurs à  base d’eau ou d’alcool.
Tout comme le vin, les disques doivent être rangés dans un endroit sec et frais.
Mark Irons de Corvallis (Oregon), un ami de Koster, rangeait sa collection de CD dans une pièce chauffé par un poêle à bois. La température aurait grimpée de 4 et  21°C  en l’espace de quelques heures.
Maintenant, la couche de données de certains de ses CD apparaît comme si elle avait été mangée de l’extérieur.
Irons est toujours plutôt satisfait des CD, car cette technologie bat le vinyle et la cassette en terme de longévité.
Maintenant qu’il a déplacé ses disques dans un appartement avec une température plus stable, il a remarqué que la dégradation avait ralenti.
« J’espère qu’ils vont tenir jusqu’à ce qu’un prochain médium se généralise, et alors tout le monde rachètera tout » dit-il.

Pour conclure rapidement, la restitution du  contenu d’un support numérique ne tolère quasiment (dans une certaine limite, correction d’erreur etc.) aucune corruption de données (qui pourrait être engendrée par le rot) sans quoi la restitution va s’interrompre, contrairement à un support analogique (cassette, vinyle, laserdisc pour l’image) qui créera des perturbations (parasites et autres désagréments) mais ne s’arrêtera pas. (c’est également valable pour la TV, rappelez vous la TV hertzienne analogique, les parasites, la neige, par opposition à la TNT où sur une fréquence ou multiplexe on diffuse 6 chaines, si vous captez mal ce multiplexe vous n’aurez tout simplement pas ou par intermittence ou avec des « artefacts » autrement plus désagréables que nos bons vieux « parasites » sur les 6 chaînes du multiplexe).

Pour des raisons évidentes de miniaturisation (des composants, des supports, du matériel) et de gain qualitatif c’est le numérique qui « l’emporte » et qui régit toute l’industrie, mais avec ces problèmes de ROT (ou résine) pour le blu-ray dont les causes n’ont pas encore été démontrées, on en viendrait presque à regretter nos vieux supports « analogiques » et leurs « bons vieux » parasites! 

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Bluraydefectueux (Xavier L.)

Passionné de cinéma, home-cinema, et amoureux du support physique de la belle image et du beau son, depuis de nombreuses années, C'est naturellement avec passion et conviction qu'il s'est lancé dans ce projet. Bluraydefectueux.com (BRDEF)

3 réflexions sur “Le ROT (pourrissement sur d’autres supports)

  • 3 octobre 2020 à 20 h 16 min
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    J’ai un stock de 250 DVD que j’ai acheté depuis les années 90. J’ai toujours fait attention pour ne pas les rayer et leur stockage a toujours été fait à la vertical.

    Pour ce que j’en conclu sur la qualité de fabrication; j’ai eu des DVD défectueux :
    – Dès l’achat (Total Recall et A l’aube du 6ème jour, avec un défaut sur les données numériques. Présence d’un blocage lors de la lecture ou des saccades en lecture)
    – 6 mois après l’achat et sa sortie dans le commerce : Donjons et Dragons, le film a pourri de l’intérieur et le DVD Bonus était dans le même état que le film.
    – 5 ans après achat : Le DVD du film Dune est devenu illisible sans présenter un mauvais aspect
    – 15 ans :après achat : Le DVD Rambo 2, sa surface était comme un nuage avec des bulles.

    En conclusion, je me suis lancé dans le rip de tous mes DVDs pour conserver les films. La dégradation du support ne m’incite plus à acheter de DVD et je suis content de n’avoir aucun Blueray, Je pense aujourd’hui qu’il faudrait attaquer toute l’industrie pour leur demander des comptes sur les mensonges qui ont été donnés aux consommateurs, car à ma connaissance seule la warner propose une copie numérique des films après achat des DVDs, ce qui est vraiment très bien.
    Concernant les DVD gravés soit même, leur durée de vie est très limitée. D’expérience, je dirais au max 5 ans., ce qui est une totale arnaque.

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    • 3 octobre 2020 à 21 h 18 min
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      Le rip de DVD vous permets d’avoir beaucoup plus de place que blu-ray c’est certain.

      L’Équipe vous remercie pour votre intervention.

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