Gaumont: le contexte de la nouvelle procédure

Depuis quelques jours, nous avons interrogé Gaumont à plusieurs reprises sur sa nouvelle procédure d’échange.

Cet éditeur s’est montré très compréhensif, n’hésitant pas à nous fournir en toute transparence des informations détaillées (quand d’autres jouent encore les autruches). Nous avons ainsi mieux pu comprendre le positionnement de Gaumont depuis l’origine du #resingate, et il nous semble utile de vous en faire part.

À l’origine

Gaumont est un éditeur de vidéos, pas un presseur. Et il a été comme nous à l’époque victime des pressages QOL défectueux.
Il est essentiel également de noter que contrairement à d’autres éditeurs (Wild Side, Pathé, Arte, …), Gaumont n’a pas de boutique en ligne et n’effectue pas de vente directe auprès des particuliers. Par là même, il ne dispose pas de service après-vente ni d’une organisation qui aurait permis d’assurer facilement l’échange des produits.

De 2015 à 2019

De 2015 à fin 2019, QOL a pris la main sur les échanges, et il n’y avait pas de nécessité pour Gaumont de mettre en place en parallèle une procédure ou un numéro de téléphone dédiés.
Nous avions un temps diffusé en 2016 les coordonnées d’un contact que nous avions chez Gaumont. Mais cette personne s’est rapidement retrouvée submergée par les appels téléphoniques de demandes d’échanges, alors que ce n’était pas du tout son travail. D’où son souhait compréhensible de ne plus voir ses coordonnées affichées.
Il s’agissait d’une demande personnelle, et non pas d’une prise de distance de l’entreprise Gaumont vis-à-vis des consommateurs. L’absence de numéro dédié a pu faire penser à certains que Gaumont se dégageait du problème, ce qui n’était pas le cas. Gaumont nous a réaffirmé « l’attention que Gaumont vidéo a souhaité porter aux cinéphiles touchés par le problème de résine lorsque nous en avons eu connaissance » et avoir assuré « l’échange des produits effectivement défectueux pour lesquels nous étions contactés directement au service de la vidéo ».
Durant cette période, certains ont donc pu obtenir des échanges individuels, notamment quand QOL ne répondait pas ou que ses stocks étaient épuisés.

Lorsque QOL a arrêté les échanges fin 2019, les demandes directes des consommateurs à Gaumont sont naturellement devenues plus nombreuses, ce qui a amené l’éditeur à réfléchir sur la mise en place d’une procédure plus cadrée. Au même moment apparaissait la pandémie, qui a fortement retardé les décisions.

Début 2021…

Cette procédure vient de voir le jour en ce début 2021, comme nous vous l’avons indiqué.

Dans un premier temps, Gaumont a décidé de procéder à l’échange des disque pressés par QOL, car ceux-ci sont maintenant bien connus pour être défectueux à grande échelle. L’échange se fait par de nouveaux pressages MPO (lorsqu’ils existent, bien sûr, car il se peut que certains titres QOL n’aient pas encore été repressés).

Certains d’entre vous se sont immédiatement émus que les anciens disques pressés par MPO ne soient à priori pas échangeables. Il faut rappeler que ce presseur avait émis en 2015 un communiqué indiquant avoir été également victime de la vilaine résine, mais ne reconnaissant que deux titres touchés. Cependant, de nouveaux titres problématiques ont été découverts au fil des années, et nous recensons à ce jour 14 titres Gaumont-MPO posant problème.

Nous avons bien sûr insisté auprès de Gaumont sur ce point. Qui nous (re)précise clairement s’en tenir pour le moment à l’échange des titres « pressés par QOL, et ayant bénéficié d’un nouveau pressage. Les titres MPO ne sont donc à ce jour pas concernés effectivement ».

… et au-delà !

Est-ce définitif ? Pas forcément, mais il faudra être patient. Gaumont nous avait précédemment indiqué que «  le process que nous mettons actuellement en place sera bien entendu affiné et amené à évoluer à l’usage ». Et un internaute nous a également précisé « J’ai eu confirmation que la situation n’est pas figée et que le fait de ne pas pouvoir procéder à l’échange sera réévalué en fonction des retours qu’ils auront ».

En effet, Gaumont n’a actuellement aucune visibilité sur ce que donnera la procédure qui débute. Sera-t-elle facilement gérable ou non ? Y aura-t-il peu ou énormément de demandes ? Et nous ajouterions: jusqu’où Gaumont acceptera t-il de puiser dans ses stocks de BD neufs pour assurer des échanges (alors qu’il pourrait tout aussi bien les mettre sur le marché) ?

Ces incertitudes ne permettent pas à ce jour à Gaumont de prendre une position plus avancée, ce qui est compréhensible.

Il faut également relever que nous sommes en pleine crise sanitaire, qui complexifie énormément la situation. Les équipes de Gaumont sont en télétravail, l’accès aux locaux et stocks est très limité. Nous savons aussi qu’une partie des stocks se situe à l’étranger (Allemagne), ce qui rajoute des problèmes logistiques.

Pour conclure provisoirement, nous reprendrons un message récent d’un internaute : « c’est un premier bon pas de la part de Gaumont qu’il faut saluer ».

Gaumont joue le jeu en toute transparence. Sommes-nous de notre côté prêts à faire de même ?

Il apparaît en effet que certaines personnes ont décidé d’envoyer à Gaumont des BD QOL qui fonctionnent encore, ceci « par précaution », considérant que comme ce sont de QOL, ils flancheront certainement un jour.

Il s’agit d’une démarche qui n’est pas nouvelle. Déjà en 2016, QOL nous avait indiqué recevoir des demandes pour des disques non-défectueux. Les professionnels ne sont pas dupes et savent que ça existe.

Nous ignorons si Gaumont vérifiera tout ou partie des disques reçus, cela dépendra, comme nous l’avons dit plus haut, de la masse des arrivages. Si vous agissez ainsi, vous prenez votre risque !

Et bien que chacun soit libre de sa vie et de ses choix, disons aussi que ce type de réaction ne nous semble en l’occurrence pas très fair-play, et risque de complexifier et surcharger une procédure qui n’en a pas besoin. C’est en collaborant, et non pas en s’opposant, que l’on obtient les meilleurs résultats.

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Vivaldi21

Je suis un cinéphile, pendant 40 ans j’ai vu en moyenne 150 à 200 films par an en salle, j’ai écrit dans des revues locales, j’ai fait des émissions à la radio ou animé des séances de «ciné club», et je crois bien connaître le cinéma, surtout celui dit «de répertoire»

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