Quelque part dans le temps

Les commentaires postés sous les récentes vidéos Youtube des «Gardiens du cinéma» -dont nous avons rendu compte par ailleurs- nous ont permis de constater qu’un grand nombre de personnes, pourtant BDphiles, découvraient en cette fin 2020 le problème des blu-ray défectueux, apparu il y a au moins 6 ans.

« Je n’étais pas au courent de ces problèmes », « j’ignorais ce problème », « je me suis rendu compte de ce problème dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là. », « J’avais eu vent de ce problème il y a quelque mois et je ne comprenais pas pourquoi quasiment personne n’en parlais! »

Évidemment, plusieurs proposent d’agir.

« il faut soit boycotter l’ensemble des bluerays jusqu’à modifications des produits ou engager une procédure d’action de groupe contre les producteurs, éditeurs », « Peut-être que signaler le problème des blu-ray défectueux à « 60 millions de consommateurs » pourrait faire avancer les choses », « Il faudrait faire une class action », « il est vraiment temps d’aller au charbon. », « Excellent coup de gueule qui, je l’espère, changera les choses et sera entendu par les éditeurs », « faudrait créer une page communautaire pour en discuter ensemble ! » « NON, FAUT VRAIMENT FAIRE QUELQUE CHOSE! »

Nous ne publierons pas par décence certains autres commentaires (minoritaires) traitant les éditeurs de voleurs, véreux, escrocs, méritant amendes ou peines de prison. Ce n’est pas ainsi qu’on peut avancer.

Et si l’on remettait un peu d’ordre dans tout ça ?

Ces réactions nous ont donné l’idée de vous proposer un petit voyage dans le temps, pour apporter une information solide à tous ceux qui découvrent aujourd’hui le problème et manifestent la volonté d’agir. Avant de faire quelque chose, il vaut mieux savoir ce qui a déjà été fait. Voici donc un retour aux origines « spécial newbies ».

 

(Le sujet est vaste, il y a probablement des oublis, que les « anciens » n’hésitent pas à nous en faire part dans les commentaires à la suite de cet article !)

A L’ORIGINE

Les premiers frémissements sur « THE problem» sont apparus dès 2012-2013. Quelques rares constats de défectuosités étaient mentionnés par des passionnés sur quelques forums, mais à l’époque on se moquait plutôt d’eux, en leur conseillant de mettre à jour le firmware de leurs lecteurs. Ces inquiétudes sont donc restées contenues au cercle restreint de ces forums.

Pourtant courant 2014, les constats ont continué de s’accumuler, essentiellement sur 3 sites dont les membres s’interrogeaient de plus en plus sur ce phénomène inexpliqué : Blurayenfrançais (= BREF), DVDClassik, HCFR.

A partir d’octobre 2014, certains de ces membres ont pris contact avec des éditeurs, avec des résultats variables. Si certains éditeurs n’ont pas répondu, d’autres ont procédé à de premiers échanges, reconnaissant qu’il existait réellement un problème inconnu qui était à l’étude. Certains éditeurs ont même commencé à évoquer la responsabilité du presseur QOL, dont aucun internaute n’avait entendu parler auparavant.

 

L’EMBALLEMENT

A compter de ce moment, l’affaire a très vite pris de l’ampleur pour s’emballer en janvier et février 2015. Nous rappelons les principaux événements de cette période et les initiatives essentielles qui ont «lancé la machine».

Du côté des sites

  • Les 3 sites cités ci-dessus ont tous ouvert en janvier 2015 sur leurs forums des sujets consacrés spécifiquement au problème. A ce jour, ces sujets, alimentés par des centaines d’internautes, comptent respectivement 222, 184 et 106 pages (bonne lecture à ceux qui découvrent aujourd’hui le problème!).
  • Blurayenfrançais a été à ce moment là le plus actif, lançant mi-février une pétition sur change.org, « Pour une vraie garantie des disques Blu-ray », prenant contact avec les 5 plus grands éditeurs et avec QOL, et créant également un premier fichier centralisé des BD défectueux.
  • Ce même mois de janvier, le site La Galette Bleue ouvrait aussi son topic, et un internaute y proposait début mars un texte-pétition « Appel à tous les éditeurs, fabricants et acteurs de l’industrie du Blu-Ray » demandant la mise en place de réelles conditions de garantie. Il était demandé à chaque internaute d’envoyer cet appel à QOL ainsi qu’à 13 éditeurs dont les coordonnées étaient indiquées.
  • Toujours en janvier, le site Blusteel ouvrait également un topic. Mi- mars, un membre signalait le problème à la DDPP (Direction départementale de la protection des populations). Laquelle, après enquête auprès de QOL et Media Industry, jugera qu’il n’y avait pas d’infraction pénale et donc pas matière à poursuites.
  • Enfin, dès les communiqués de QOL puis de MPO des 3 et 6 février 2015, reconnaissant officiellement le problème, une dizaine d’autres sites spécialisés « audio-vidéo » reprenaient l’information et pour certains contactaient à leur tour presseurs et éditeurs (parmi eux, citons deux sites importants : DVDFr et Les Numériques).

Du côté de la presse

  • Fin janvier 2015, un internaute (aujourd’hui membre de notre équipe) contactait la revue « 60 millions de consommateurs », ce qui débouchait, d’abord sur un article internet début février, ensuite sur un article papier dans le numéro de mars 2015 « Des blu-ray trop jeunes pour mourir ». (diffusion de la revue : environ 160 000 exemplaires).
  • L’article internet de « 60 millions » était immédiatement repris sur le site du quotidien « les Echos » dans un article «Épidémie de films en Blu-Ray illisibles », ainsi que par le quotidien « 20 minutes » dans un article « Une vingtaine de films distribués en France victimes d’un problème de vieillissement »
  • De son côté, le mensuel de référence « Les années Laser » (diffusion : environ 40 000), enquêtant depuis plusieurs mois sur le sujet, publiait deux articles, dans ses numéros de mars et avril 2015, « Bdrot : tous pourris ? » Et « Bdrot : la suite ». (Il ne nous est pas possible légalement de reproduire ces articles).

Du côté des réseaux

  • Le 20 janvier 2015 apparaissait sur Youtube une vidéo relayant les informations de Blurayenfrançais (première vidéo Youtube sur le sujet).
  • Le 3 février 2015, le magazine Les Années Laser publiait un post Facebook (première mention du problème sur ce réseau).
  • Fin février, HCFR diffusait un podcast sur Soundcloud, « L’avenir du blu-ray en question », consacrant une trentaine de minutes au sujet (premier « live » sur le sujet).
  • Wild Side est le premier éditeur à réagir en publiant le 2 mars 2015 sur Facebook un communiqué précisant ses modalités d’échange.

Cette chronologie montre que, dès les premiers mois de 2015, le problème était largement connu, à la fois par les passionnés de blu-ray, par la presse, par l’ensemble de la profession, et également par l’Administration. Et aussi qu’un grand nombre d’initiatives ont immédiatement été prises, ceci sous l’impulsion de dizaines de passionnés bénévoles qui ont défriché le terrain.

(suite de l’article page 2)

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Vivaldi21

Je suis un cinéphile, pendant 40 ans j’ai vu en moyenne 150 à 200 films par an en salle, j’ai écrit dans des revues locales, j’ai fait des émissions à la radio ou animé des séances de «ciné club», et je crois bien connaître le cinéma, surtout celui dit «de répertoire»

Une réflexion sur “Quelque part dans le temps

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