À bout de souffle

À bout de souffle
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Non, nous n’allons pas vous parler du film éponyme (de 1960 avec Belmondo) mais faire une très petite synthèse et une analyse (qui n’appartient qu’à nous) d’un article tout à fait captivant paru dans le magazine « Les années laser » de ce mois-ci.

Dans son numéro 262 d’avril 2019, LAL vient de publier un long article sur le coût de fabrication des supports vidéo (DVD, BD, UHD), « Combien ça coûte? », que nous vous invitons vivement à découvrir.
Un marché en pleine chute (à bout de souffle?)
Tout le monde le sait, le marché physique diminue, et les tirages d’un titre atteignent péniblement 10 à 15000 pièces (DVD et BD confondus), là où l’on était à plusieurs centaines de milliers il y a une dizaine d’années. Et dans le même laps de temps, le chiffre d’affaires du marché physique a été divisé par trois.
Il est clair que ces volumes de production réduits permettent plus difficilement que par le passé d’amortir les coûts de production, d’autant plus pour les éditeurs français qui ne bénéficient pas comme les éditeurs américains d’une diffusion à l’échelle mondiale.
Des coûts divers, une certaine prise de risque
L’article passe en revue, exemples à l’appui, les différents postes constitutifs du coût des supports: prémastering (conception du master), mastering (sa fabrication), frais AACS (protection), pressage, conditionnement (amaray, jaquette, steelbook, etc …), logistique, distribution, entre autres. Un modèle économique aux multiples intervenants, basé sur la qualité, mais qui ne garantit pas pour autant le succès éditorial. Certains titres peuvent s’écouler rapidement, d’autre ne trouvent pas leur public et restent « sur les bras » des éditeurs.

Nous vous laissons le soin de découvrir l’article complet dans le magazine.

LAL 262
LAL 262
Notre analyse

Pour aller un peu plus loin, cet article nous a questionné par rapport à la problématique qui nous anime ici (les blu ray défectueux), dans le sens où il nous décrit un modèle économique complet (et complexe) et nous amène à la question: mais dans le fond, pourquoi ce modèle, pourquoi en 2019 en est-on toujours à vouloir graver des octets sur un morceau de plastique qui peut être soumis à des défectuosités ? 

Un concept antique et révolu?

Car depuis le phonographe d’Edison, rien n’a véritablement changé: vinyle, cassette, CD, DVD, BD, UHD, dans tous les cas l’on est toujours dans un système physique où une pointe, une tête, un rayon laser lisent mécaniquement des données posées sur un support.

Nous sommes bien conscients qu’il existe derrière cela toute une industrie (que ce soit celle des supports ou des matériels de lecture) représentant des centaines de milliers d’emplois, et n’avons pas les compétences pour la remettre en cause.

Mais disons que la question mérité d’être posée, d’autant plus que le marché est en déclin et que les professionnels connaissent des difficultés. A l’heure où les mémoires flash et les disques SSD se développent, à l’heure du streaming, de la VOD, de la dématérialisation, du téléchargement, y  a-t-il encore une place pour le support physique tel que nous le connaissons (et dont la pérennité n’est pas garantie) ? Qu’en sera t-il dans 10 ou 20 ans, à l’aune des futures générations ?

Notre petit voisin Edouard (si si, il existe!) a déjà la réponse: « Je n’ ai jamais acheté un disque, le magasin physique n’a plus de sens, je fais tout en ligne » nous déclare t-il du haut de ses 18 ans. Pour lui, le blu ray fait déjà partie des dinosaures…

Pour conclure

Ce pourquoi, à notre sens, la vraie question à venir n’est pas tant celle du support, lourd et coûteux à fabriquer, et que la profession tente sans cesse d’animer ou de réanimer à coup d’habillages (amaray, steelbook, digibook, combos, Ultra Violet, Java, coffrets, goodies, rééditions…).

Nous ne devons pas oublier que l’élément central de tout cet ensemble, c’est D’ABORD un film de cinéma, et que de plus en plus, pour le consommateur, la seule interrogation qui prévaudra, ce sera: « Dans quelles conditions puis-je me procurer rapidement et à moindre coût le film que j’ai envie de voir ? ».

A  méditer …

 

 

 

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bluraydefectueux

Passionné de home-cinéma depuis de nombreuses années, il s'est constitué une collection de plusieurs milliers de blu-ray, de DVD. Son côté "rétro-technologique" lui fait collectionner également les LaserDiscs (plusieurs centaines), en hommage aux débuts de l'ère du home-cinéma dont il n'a pas pu profiter, car trop jeune à l'époque. Comme beaucoup, il tient à ses collections de blu-ray dans lesquelles il a investi une grande partie de son budget loisirs. Il est donc d'autant plus concerné par le problème des disques défectueux. Comme beaucoup également, il est inquiet pour le devenir de ses galettes. C'est pourquoi il a décidé de consacrer du temps et de l'énergie à la mise en place de Bluraydefectueux.com

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